Trouver son Chemin

V.·.M.·., vous toutes M.·.S.·. et vous tous M.·.F.·. en vos grades et qualités, je souhaiterais vous parler de chemins.

Les chemins sont les routes que chacun prenons dans nos vies, routes tracées, routes choisies ou routes travaillées. Ces chemins sont multiples, tel le pavé mosaïque, ils peuvent être personnels, professionnels, profanes, maçonniques ou tout simplement humains.

Des questions se posent à moi sur ces chemins et je voudrais les partager.

Des Questions

Tout d’abord quelles sont ces questions, car les poser permettra d’en faire dégager une approche de la question sous un angle philosophique, social, sociétal, humain, humaniste et forcément maçonnique et symbolique.

  • Les chemins quoique multiples ne sont-ils qu’un seul et même chemin de vie ?
  • Le ou les chemins ont-ils un but, une destination ?
  • Le ou les chemins sont-ils propres à chacun, peuvent-ils être partagés ?
  • Le ou les chemins sont-ils originaux ou reprennent-ils des traces existantes ?
  • Devons-nous alors toujours inventer sans copier, sans mimer, sans apprendre … ?
  • Devons-nous n’y mettre que nous-même, mais nous-même ne se fait que par l’autre et les autres ?
  • Devons-vous au contraire être nous-même par détachement aux autres ?
  • Le lien à l’autre sur le ou les chemins est-il indispensable, optionnel ou interdit ?

Il y en aurait tant d’autres, mais une approche peut se faire jour.

Une Approche

Le questionnement sur le ou les chemins pourrait alors se découper de telle manière :

  • Sur combien de chemins sommes-nous ?
  • Le cheminement a-t-il une destination ?
  • Le cheminement existe-t-il déjà ?
  • Le cheminement est-il solitaire
  • Qu’est-ce qu’un cheminement ?

Cette approche peut paraître et est non exhaustive, mais elle permet une première approche. Cette première approche scientifique chère aux enfants des lumières.

Sur combien de chemins sommes-nous ?

La question du ou des chemins s’entend si tout en étant une personne unique et autonome, nous séparons nos vies : notre vie familiale, amicale, professionnelle, intime, … et ainsi que nous cloisonnons ces vies. Il en ressort une perte de cohérence, ou alors une cohérence par partie.

Nul jugement sur cette vision de séparation des chemins, mais des problématiques qui peuvent surgir : plus les chemins vont avancer dans leur direction, plus le risque potentiel d’écarts est possible. Le grand écart est une issue alors. Et la position est peu tenable sur le long terme.

D’un autre coté, la cohérence par partie, même si elle a son sens, n’est pas réellement une cohérence, plus un agrégat de cohérence avec plus ou moins de liens entre elles. Mais si elles ont des liens, alors les chemins ne sont plus séparés. De plus la cohérence humaine d’une personne, ce qui fait sa richesse, c’est peut-être de parvenir à embrasser, sans y arriver forcément, toutes ses vies en une seule cohérente et qui a du sens.

Enfin d’un point de vue maçonnique, le chemin s’entend comme une voie englobant le profane et ses vies, lui permettant de s’unifier à travers ce chemin là.

Ainsi, le chemin s’entendrait de façon unique, malgré ses diversités de composantes, cela dans un but de cohérence et j’oserais dire d’efficacité systémique. Pour un maçon le chemin s’entendrait unique aussi, par constitution.

La réponse établie rapidement est une vision partielle de la question, nous ne nous pouvons nous en contenter, mais si nous ne la prenons pas en l’état, le doute incessant ne permettra pas d’avancer. Il est peut-être temps de choisir ?

Le cheminement a-t-il une destination ?

La question de la destination résonne avec celle du sens, c’est à dire tout autant la direction que le sens propre.

Donner du sens à son chemin, le nourrir, le remplir, permet de le construire, mais ne répond pas à la direction. Une construction juste avec du sens, tel un pavage qui paraîtrait aveugle, dalle après après dalle, ferait-elle émerger une direction ?

La direction est alors inconnue, mais nous la devinons pas après pas.

À contrario de cette émergence, la main invisible ou à défaut notre volonté, nos désirs, peuvent définir une direction, voire une destination.

Une destination a-t-elle un sens ?

La direction a un sens, la destination clôt le chemin, clôt le travail. Facilement, s’il n’y a plus de travail, tout a été fait, donc nous n’avons plus rien à corriger, à mettre en cohérence… Un peu absolu quoique très rassurant comme vision. Ou inquiétant, car nous serions dans un absolu d’idéal de perfection. Et rien ne serait à améliorer…

Creuser ce sujet de la destination encore ou s’arrêter là ?

S’offre à nous une émergence ou une destination, mais entre les deux il y a t-il un possible ? Un possible qui s’entendrait dans une émergence guidée par une direction, ou par des directions ? Ne serait-il pas possible d’imaginer un cap comme un idéal et de faire émerger des directions, de les suivre au grès des flots tout en tentant d’au mieux tenir le cap ?

Sans même parler de la façon d’avancer qui, avec destination ou avec cap, est ce qui crée la vie au jour le jour. Ainsi quel sens il y a t-il à avancer sans le vivre pour arriver à bon port ? La fin justifie-t-elle les moyens est une question facile ici, mais qui résonne à mon sens.

Le temps de choisir encore ?

Le cheminement existe-t-il déjà ?

La question de l’existence du chemin est celle de suivre une trace existante ou de la créer, de creuser son sillon dans la terre.

Bien sur si l’on reprend la questions des chemins multiples, des modèles existent, des traces existent, des routes existent. Que cela soit par des mimétismes sociaux qui « fonctionnent », des principes philosophiques « éprouvés », des personnes référentes qui « avancent » et bien d’autres.

Mais si l’on reprend une réponse à cette question qui est le chemin unique et cohérent, ce qui nous fait est statistiquement et contextuellement, spatial et temporel, unique. Unique au sens qu’il est très fortement improbable d’un point de vue probabiliste cette fois-ci de trouver un chemin qui englobe tout ce qui nous fait et qui a déjà existé. L’infiniment petit tendant vers le zéro presque.

Nous aurions donc des morceaux de chemins pour nous inspirer, pour y prendre des dalles ci et là, mais à nous de le construire, de lui donner notre sens.

Cette question nous demande si le chemin est original et s’il se doit d’être original. Devons-nous tout créer, tout inventer ? Sachant que l’acte créatif ne se nourrit que de matière en la remodelant de façon innovante ou … originale, tout inventer paraît une gageure.

Comment construire ce chemin alors ? Ajouter ci et là des morceaux et remodeler à notre sens est-il original ? Dans quelle mesure et proportions l’est-ce ?

Nous avons donc le choix en ce cas, d’une part reprendre des morceaux et peu ou rien y ajouter pour avancer dans des modèles, et d’autre part en créant tout, en reprenant très peu et en les remodelant le plus possible. La valeur ajoutée chère aux économiste a un certain sens ici.

Mais entre ces deux parts, ces deux extrema, d’autres voies existent-elles ? Sûrement oui, puisque deux extrema implique logiquement un espace entre.

Cet espace est grand, large, pas infini, mais excessivement vaste entre quantité de matière reprise et façon de l’agencer.

Il s’ouvre un champ de possible, un champ de liberté … et donc des choix.

Le cheminement est-il solitaire ?

La question du chemin solitaire s’entend un peu à la suite de la précédente question sur l’existence du cheminement.

Piocher ci et là de la matière, signifie que cette matière est elle même le fruit d’autre matières piochées et agrégées. L’autre et les autres ne sont jamais loin donc, car ils nous fournissent la matière première.

La question est alors un peu comme précédemment en première approche, prendre une route tracée par un autre signifie-t-il la faire avec l’autre, caler ses pas sur les siens ? Mais est-ce un chemin ensemble ? Suivre une route déjà tracée, n’est pas la faire avec cette personne. Suivre cette route est solitaire.

Suivre quelqu’un n’est pas cheminer avec quelqu’un.

Mais alors cheminer avec quelqu’un, avec un autre ou des autres qu’est-ce ? Peut-être quelque chose de complémentaire et d’enrichissant à notre chemin ? Cheminer à coté l’un de l’autre permet d’échanger plus personnellement, donc plus « efficacement » dans son chemin, de piocher plus précisément ce qui apporte.

Mais alors, cheminer cote à cote signifie aussi avancer dans la même direction, dans le même sens. Telle une marche dans la rue, tel un banc de poisson, tous avancent de façon synchronisée. Nous en revenons alors à cette probabilité de chemin unique. Ici il ne l’est plus.

Ainsi, cheminer sur les traces de, cheminer à coté de, sont soit un chemin solitaire, soit un chemin fusionné, non unique. Entre, il y a t-il encore de la place, en étant plus dans la subtilité et l’intelligence.

Je pense que oui, deux extrema ouvrent des champs, et même si nous frôlons parfois la fusion, par concomitance ou suivisme, ou frôlons parfois la solitude, qu’elle vienne d’une construction purement originale ou purement suivie, nous avons grands possibles entre.

Et peut-être que ces frôlements apportent eux aussi ? Car sans en abuser pour ne pas tomber dans des excès, sans nous faire disparaître et nous nier, l’autre apporte indéniablement. Que cet autre soit inspiration ou parfois plus, le dosage fait parti des choix du chemin.

Encore des choix.

Qu’est-ce qu’un cheminement ?

La question finale que nous abordons ici est : c’est quoi un chemin ?

La question a finalement été partiellement abordée par les précédentes questions, par vues partielles, par réponses partielles, par questionnements successifs, telle une observation scientifique de : qu’est ce que nous avons sous les yeux ? Sous les sens ? Que percevons-nous ? Que cela fait-il cheminer en nous, dans notre cognition ? Notre réflexion, notre cœur, notre âme.

Quels sont les points communs de ces questions ?

Des choix.

Les choix semblent indéniablement liés au chemin : unicité, direction, existence, l’autre, … Tout amène à un et des choix. Choix et liberté.

Nous parlions de cap, le cap comme idéal, soumis aux aléas de la vie en somme. Des vies. Les choix sont ce qui reste face à ces aléas. Mais ils sont autant de possibles et sont une dynamique qui forment le chemin. Et créer du chemin, crée du possible, crée du choix.

La façon dont nous choisissons, est ce qui nous fait je pense, ce chemin ce sont des choix.

  • Un chemin unique est pour moi une cohérence.
  • Un cap idéal ne finissant jamais le chemin me convient.
  • Le partage m’enrichit.
  • L’autre me rend meilleur.
  • Les erreurs m’améliorent.

Ce sont mes choix, et peut-être pas ceux de l’autre, mais les deux sont à respecter, car c’est cette diversité de choix qui fait … que nous pouvons choisir !

J’ai dit.


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