Voyage aux Cœurs du Temple

Préambule

V.·.M.·., vous toutes M.·.S.·. et vous tous M.·.F.·. en vos grades et qualités, je voudrais vous emmener visiter avec moi.

Visiter des temples, et voir ce qu’il se passe.

( Pause )

Outre alors la symbolique infinie que chacun peut faire résonner, un temple est d’après le dictionnaire du CNRTL, que j’affectionne particulièrement, tout à la fois :
– Un lieu, un sanctuaire où l’on célèbre le culte d’une ou plusieurs divinités,
– Un édifice religieux dont une partie au moins est considérée comme la demeure du dieu,
– Un lieu ou terrain découvert délimité par une consécration religieuse qui le séparait du terrain environnant,
– L’édifice bâti par Salomon pour abriter l’arche d’alliance,
– Le premier ordre religieux militaire fondé à Jérusalem pour la défense du Saint-Sépulcre,
– Un édifice dédié à des principes ou à des allégories civiques et laïques, sous la Révolution Française,
– Un lieu de célébration d’un culte et où se réunissent des fidèles,
– Le lieu de réunion d’une loge maçonnique,
– Un bâtiment ou endroit fréquenté par des spécialistes, des connaisseurs ou des amateurs,
– Un lieu ou bâtiment destiné à, ou habituellement utilisé pour quelque chose,
Et même :
– Un endroit où l’on s’enrichit rapidement, une maison de jeu ou de spéculation financière, pour un Temple de la Fortune,
– Un Palais de Justice, pour le Temple de Thémis.

( Pause )

Que de généralités semblables, et autant de particularités singulières, pour ce mot !

Il n’est donc peut-être pas qu’un mot …

Un symbole encore une fois, mais aussi un ancrage dans la Terre de notions qui relient les humains. Et ce qui semble très intéressant ce sont deux notions supplémentaires qui ressortent de tous ces usages :
Le Temple est toujours couvert, donc n’excluant pas forcément, mais protégeant ses membres plus,
Le Temple abrite des membres ayant une communauté de valeurs, et cette communauté de valeurs est importante pour eux, elle est sacré.

( Pause )

Je voudrais donc vous emmener visiter à partir de mon vécu. Faire ce début de chemin pour prendre prétexte du cas clinique personnel, afin de voir où le chemin symbolique nous mènera en l’éclairant et en l’ouvrant. Partir de la Pierre Brute et voir ce que les outils nous en permettent …

Alors ce début de chemin est celui d’une laïcarde qui se serait bien vu vivre sous la IIIme République. Si bien sûr, il n’y avait pas quelques bémols importants sur la place de la femme. Cher Victor Hugo, quel dommage que vous n’ayez pas été entendu …

( Pause )

Et cette farouche athée, se considérant comme tolérante pour sûr, cantonnait la religion au fait privé et à la liberté de chacun.

( Pause )

Ces prémices (sic) étant exposées, les étapes de notre voyage seront les suivants :
– La question de l’équilibre des valeurs,
– La question de la religion face au sacré,
– La visite effective de temples,
– La visite affective de soi,
– Les questions au retour du voyage,
– Et … la question finalement de quel temple voulons-nous construire ?

( Pause )

Alors n’attendons pas plus sur les parvis, et visitons !

En premier donc, la question de l’équilibre des valeurs …

De cette farouche athée, a éclos une femme qui a plus de questions que de réponses. La typologie habituelle : êtes-vous athée, agnostique ou croyant, ne me parle pas. Ne me parle plus, en fait.

L’athéisme peut devenir un dogme. L’agnosticisme rend compte de son incapacité humaine à appréhender des choses telles que l’existence des dieux, et donc ne se prononce pas. L’athéisme revendique la non existence d’un ou des dieux.

L’agnosticisme, dont je n’ai jamais voulu être, est plus vertueuse dans sa manière de voir le problème, plus humble. Mais elle ne répond pas, ne tranche pas. L’athéisme, dans lequel j’ai été, tranche et dénie tout existence supérieure au dessus de l’humain.

Mais l’athéisme comme la croyance, ne prouvent rien. Débat vieux comme l’histoire de la notion de croyance. La preuve de l’existence contre la preuve de la non-existence.

( Pause )

Alors une question se pose à moi aujourd’hui.

Ais-je été intolérante durant ma vie où je me suis considérée comme athée ?

( Pause )

Sûrement si je suis honnête. Pas de beaucoup, mais franchir une ligne reste franchir une ligne.

( Pause )

Mais toujours pour défendre un combat, celui de la liberté.

Les principes prévalent-ils alors sur la ligne franchie ?

Rien n’est moins sûr, mais rien n’est moins compliqué aussi !

( Pause )

Sous prétexte de principes réels, ai-je le droit de moquer la bigoterie de telle ou telle personne ?
Que devient sa liberté face à mon jugement ?

( Pause )

Alors bien sûr, et de façon très importante, mon discours n’est nullement un renversement de paradigme, rendant l’athée croyante ou tout autre velléité de porter aux nues tout d’un coup une croyance ou toutes, ou aucune.

Mais entre deux extrêmes, n’y a-t-il pas un juste milieu ? Milieu qui n’est pas forcément au centre, mais à l’équilibre … ?

S’ensuit alors, la question de la religion face au sacré …

Et si l’on reprend cette histoire de vie, mon athéisme, et même ma laïcité, que je sois honnête face au miroir, se sont construites et développées contre.

Construire contre, quel oxymore !

( Pause )

Contre le catholicisme qui m’a toujours été proche dans mon vécu et mon histoire et l’histoire de la société dans laquelle je vis.

Contre les églises et leurs dogmes et leurs intolérances, leurs injustices historiques.

Les procès étaient faits, les sentences tombées, les peines appliquées !

( Pause )

Et le miroir ne renie rien, il éclaire mieux les ombres.

Alors, pourquoi faire payer un dit crime à des personnes que je ne connais même pas ?

( Pause )

J’ai été dans des églises bien sûr, pour suivre telle ou telle cérémonie jeune ou plus tard presque obligée et avec mes jugements.

Ai-je un jour été dans une église pour regarder, observer, ressentir et tenter de comprendre ce qu’il s’y passe ?

D’une image globale, je suis passée à une généralisation personnelle de tout et de chacun y participant.

( Pause )

Alors suis-je la seule ?

Si l’on reprend le cas clinique, il est assez rare qu’un cas clinique soit isolé, c’est ce qui fait sa force justement.

Et donc, je ne le … crois pas.

Il est peut-être temps de les visiter effectivement ces temples alors …

Et pour visiter, laissons notre cas clinique de côté. Il est temps d’ouvrir le champ un peu plus.

( Pause )

En F.·.M.·., nous visitons. Enfin … certains visitent, d’autres peu ou pas et certaines ne le peuvent.

Des obédiences et des rites peuvent se comparer d’un point de vue systémique à des religions, chacun à son système et ses règles, certains sont ouverts et d’autres fermés.

J’arrête ici la comparaison systémique, je voulais faire se refléter des ombres et des lumières qui pourraient sembler paradoxales. Mais qui peut-être sont si … humaines …

( Pause )

Et pour revenir à la visite maçonnique, c’est une volonté de vivre. Une volonté de comprendre les autres maçons, de s’apporter de la richesse. Nous pouvons aimer ou ne pas aimer, mais nous respectons ou tâchons de le faire.

La Fraternité opère sa magie, avec toute sa bienveillance, qui n’est nullement aveuglement, mais réel lien humain.

( Pause )

Alors … et si nous athées F.·.M.·., nous visitions des temples profanes et de surcroit religieux ?

Avec le même respect que celui que nous avons pour nos FF.·. et SS.·. différents de nous et ailleurs de nous ?

Et si nous croyants F.·.M.·. nous visitions des temples profanes et de surcroit d’autres religions ?

( Pause )

La vie maçonnique doit nous faire montrer l’exemple dans la vie profane.

Appliquons ces préceptes et faisons les vivre.

Demandons à visiter si cela est nécessaire, visitons librement lorsque cela est possible, ayons le respect dans la démarche que nous avons dans d’autres temples.

Personne n’aura le devoir d’aimer ou de détester, mais la seule volonté de vivre et de retirer une compréhension de l’autre.

Cet autre qui est si différent de nous : religieux pour les athées, d’une autre religion pour les autres.

Et si ces visites étaient … une visite affective de soi …

Parce-qu’au final, que visitons-nous ? Quel phénomène se passe lors d’une visite ?

( Pause )

Une résonance avec nous-mêmes.

Et donc, nous ne visitons pas les autres, mais nous-mêmes.

C’est nous qui sommes le but de ces pèlerinages.

( Pause )

La visite est un chemin intérieur qui nous permet de faire vibrer le vécu présent avec notre vécu passé. La visite ouvre l’esprit.

( Pause )

Alors, qu’en retirerions-nous d’une telle visite ?

Si elle faite dans le respect et l’ouverture d’esprit, dans la volonté de ressentir ce que ces personnes ressentent, en ne voulant en retirer que ce qui n’est pas déjà de nos préjugées, alors j’imagine beaucoup de choses.

( Pause )

Pourquoi nous émerveiller devant tel documentaire dans un pays lointain, dans des coutumes autres, et ne pas le faire à côté de chez nous ?

Le merveilleux n’est pas toujours dans le lointain, dans l’original ou l’inconnu.

Commençons par ce qui nous est le plus proche justement.

( Pause )

Personnellement face à mon histoire j’irai dans une église ou des églises, dans une ou des synagogues, dans une ou des mosquées, puis dans une ou des autres églises anglicane ou orthodoxe et autre. Et puis pourquoi pas des lieux de recueillements bouddhistes et tous ceux que je ne connais pas.

Je ne ferai pas non plus une quête exhaustive des diverses religions, ni ne m’arrêterai à de mauvaises expériences, mais je tâcherai d’en ressortir une compréhension qui relie tous ces humains, qui le sont comme je le suis.

( Pause )

Vœu pieux que de vouloir tenter cela ?

… forcément un peu.

Se posent alors tant de questions au retour du voyage …

Le voyage de vouloir le faire nous suffit-il déjà à nous ouvrir plus ? A mettre en lumière nos limites de compréhension et d’acceptation ?

Le voyage rend concret, l’idée du voyage tend à idéaliser.

( Pause )

Mais cet idéal n’éclaire-t-il pas assez justement nos voiles sombres ? N’était-ce pas le but recherché ?

Et si nous avions fait ce voyage, dans l’idée du voyage déjà ?

Qu’en retirerions-nous ?

( Pause )

Des humains se rassemblant pour communier ensemble, pas communier au sens adapté du christianisme, mais au sens premier : être en communion.
Des humains voulant trouver réconfort, réel ou illusoire peu importe au final.
Des humains espérant tous un jour ou des jours meilleurs, dans cette vie ou une autre.
Des humains cherchant des réponses, données toutes faites ou recherchées, peu importe aussi.
Des humains tout simplement.

( Pause )

Et je ne parlerai pas, et ne veux pas les mélanger avec, des extrémistes, des sectes et autres discours d’intolérance. Le pape des chrétiens peut être intolérant, comme le frère de telle mosquée. Mais nous aussi pouvons l’être. Tant que nous restons dans des non-excès, pardonnons et essayons de les surmonter. Si certains les dépassent sciemment, ils n’ont rien à faire dans ce voyage.

( Pause )

Des humains donc, comme vous mes SS.·. et vous mes FF.·., vous qui pouvez être tour à tour croyant, agnostique, athée ou ne se posant pas la question. Mais tous ici vous êtes FF.·. et SS.·..

Cette union qui nous rassemble au delà de ces sujets, au delà de nous et au delà de tout.

( Pause )

Alors au final, que retenir de ce voyage de pensée ?

La résonance associative et symbolique est le travail de chacun. Et je ne sais si notre cas clinique du départ a vraiment fini de répondre à cette question …

Finalement la question de quel temple voulons-nous construire se pose …

Je crois que construire le temple est pour moi un travail si gigantesque et infini, que je ne pouvais pas plancher sur ce sujet directement. Même s’il me parle et résonne en moi, chaque jour que Dieu ou le G.·.A.·.D.·.L.·.U.·. fait !

J’ai préféré humblement apporter une pierre au devant de l’édifice à construire, afin de nous interroger sur les plans que nous traçons.

Que je trace, et traçons ensemble, pour le nôtre propre si intimement lié à l’autre, et pour le nôtre commun humain et humaniste.

Vastes chantiers …

( Pause )

Et justement le G.·.A.·.D.·.L.·.U.·., ou qu’il ne le soit pas, et ce qu’elle que soit la lecture que nous lui donnons, exprime le plus grand, ce qui doit nous dépasser. Mais pas l’inaccessible.

La F.·.M.·. dans son symbolisme, dans ses valeurs, dans ses histoires, emprunte et s’affilie aux divinités égyptiennes ou au dieu catholique. Et toutes ces valeurs sont extraites pour en tirer le mieux, le meilleur alors est l’ultime accession.

Nous avons rejeté la religion dans la F.·.M.·. française, ou nous avons participé à l’éloigner afin d’être ici et maintenant des laïcs.

( Pause )

Mais que de contradictions humaines, que de complexité humaine …

… de beauté peut-être ?

( Pause )

Quelle façon alors a-t-on de concilier tout cela ?

Sûrement par des constructions encore plus universelles, cette universalité transcendantale à l’humain.

Le Temple est notre foyer : le temple intérieur, le maçonnique ou la planète entière.
Le Temple est un foyer commun, de part le monde, de part les mondes.
Et dans un foyer … il y a de l’amour.

Alors M.·.T.·.C.·.S.·. et M.·.T.·.C.·.F.·., si je n’ai voulu qu’une chose au travers ce voyage, c’est bien de vous toucher.

Vous qui êtes aux Cœurs du Temple … je ne voulais que toucher vos cœurs.

J’ai dit V.·.M.·..


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