La Maîtrise

Rien que d’écrire le mot, nous sommes submergés par tant ce qui nous été dit, appris, lu, vécu, …

Le sujet paraît si déjà traité. À la fois classé dans son traitement, mais inlassablement sur l’établi.

Mais le sujet qui nous submerge c’est le grade, ce grade peu ou prou le même à travers nos rites. Et bien sûr ce qui va avec pour nous, ou pour le récipiendaire.

Hiram, la cérémonie, le chemin intérieur, … tout cela est connu dans les écrits et même le profane ou le futur maître peut en avoir savoir, par les livres ou Internet, voire juste en côtoyant ses FF et SS.

Mais … je voudrais parler de maîtrise.

Et … cela ne me paraît pas exactement la même chose.

Le grade, ou le mot simple de Maître, avec ou sans majuscule, n’est pas maîtrise.

En théorie, il confère l’accès à la maîtrise.

Oh … il confère ? Simplement l’accès ?

Donc … le grade, ou le mot : j’insiste car ce n’est pas de grade uniquement dont il est question, car le grade est essence de quelque chose, il demande donc à aller plus loin que son mot dans le rite et hors la maçonnerie.

Ce mot de maître n’est donc qu’un accès à quelque chose.

Évidemment que nous pouvons savoir cela à travers nos vécus et lectures, voire échanges.

Mais une fois avec cet accès nous faisons quoi ?

Dans notre cas maçonnique nous nous appuyons sur notre rituel, sa symbolique, afin de chercher le sens que cela nous donne à chercher.

Dans le cas « pratique », le maître est celui qui va enseigner. Donc, en effet il doit maîtriser « son sujet ». Je ne refais pas le coup de la légitimité ici, mais comme tout est lié, c’est intéressant de citer ce mot !

Bien.

On a jusqu’ici juste résumé très « grosso modo » et plutôt partiellement et sans apport nouveau cette maîtrise.

Alors il est où le loup ?

Ben … maîtrise de quoi ? De nous déjà évidemment. Du monde aussi, pas le contrôler (sic), mais ses effets sur nous.

En gros toujours une espèce de sagesse mythique ancienne, où : « Oui ce n’est pas grave … » dirait-on en conscience et en souriant à tout ce qui peut arriver.

Cette image d’Épinal, joue dans notre travail de maîtrise, qu’on le veille ou nous, plus le mythe associé en cas de maçonnerie, ou le devoir de maîtriser pour bien faire et enseigner pour le pratique.

Et c’est cette image qui nous … pervertit.

Oui j’ai lâché le gros mot très fort.

Ce que je veux dire, c’est qu’à travers cette image d’Épinal, ou à travers notre devoir d’exemplarité en tant que Maître Maçon, et tout le reste de travail que cela implique, et bien … nous avons la tentation de croire … que nous devons toujours être parfait, ou sage, ou …

En fait, par volonté forte de travail sur nous-mêmes, dans ce fameux chemin de maîtrise, nous pouvons avoir tendance à idéaliser le lieu où arriver.

Car le lieu idéal intérieur est … Divin, donc forcément parfait.

Mais, paradoxe, nous savons notre imperfection et notre impossible perfection.

Une sorte de dualité opposée se travaille alors en nous : je cherche l’idéal, je ne suis pas idéal. Je suis issu du Divin, mais je ne suis Divin.

Oups … ça commence à travailler à contre sens, une direction et une autre … le cisaillement se fait jour si garde nous ne prenons pas …

Alors parfois encore, on tranche dans la pierre (lol), on assume notre humanité imparfaite et on déclare : sur cette partie-là j’assume, je reste comme cela !

Le coup d’assumer un trait de caractère ou de personnalité, tout simplement peut en être la source par exemple.

Mais trancher … ça fait ôter une partie … le travail du grand Tout n’est alors plus accessible.

Alors comme d’habitude, on fait quoi … ?

Ben … voilà qu’elle est bonne la question !!!

Comment avancer sur un chemin de maîtrise qui tend à un idéal Divin, en tant que simple humain imparfait … ?

Toute la réponse est alors peut-être dans la question … comme souvent …

Posée comme cela, la charge de sous-entendus nous aspire dans le doute qui ralentit notre progression.

Mais si cet humain imparfait, nous ne tâchions pas de le rendre parfait ?

What’s ?

Mais je taille ma pierre en cube bien parfait non ?

Non juste plat, et régulier.

Et cette illusion commence aussi à notre grade premier.

Nous ne cherchons pas la géométrie parfaite en ce monde réel.

Alors si on revient à notre chemin d’humain imparfait, il est peut-être plus question d’embrasser l’ensemble de ses imperfections, qui diffèrent de celles de l’autre … pour …

… pour les Aimer ?

On m’a vu arriver ?

Mais c’est pas si simple que ça … Aimer soit, mais pas que !

Cette imperfection n’en n’est pas finalement.

C’est la pierre brute qui devient plate.

Plate c’est bon, ça rentre avec les autres, dans l’édifice. On calcule pas à l’atome près la rectitude d’une face !

« Ça suffit » pour le monde physique.

Pareil ici.

Ce qu’il reste quand on est Maître, c’est de finir ce premier travail en nous : être plat, pas parfait.

Et donc tous nos outils prennent sens pour cette œuvre précise.

Quand le Maître prend conscience que ses imperfections doivent être plates, pas désagrégées, alors … il commence à accéder simplement à sa maîtrise.

Car une fois plates, il n’a plus à assumer quoique cela … mais à vivre son humanité.

Son exemplarité, ou son chemin vers le Divin, ne sera alors pas entaché s’il dit : « Oh c’est dur … je n’en peux plus … ».

Il ne doutera point en disant cela, il ne reniera rien de ses enseignements, il ne faillira même pas et il ne sera même pas imparfait, même au sens de son chemin idéal !!!

Il Sera.

Il Sera Humain.

Et là le mot imparfait accolé au mot humain disparaîtra. Pas que l’imperfection aura disparue, mais elle sera … sera quoi ? Ah … quel mot pour dévoiler ce secret lol ?

Ainsi … le maître n’est peut-être simplement que celui qui devient … humain.

Sans rien à côté de ce mot humain, ni avant, ni après.

La plénitude de l’être … humain, en sorte.

Ce vécu intérieur à la fois en paix avec soi et avec l’autre et le monde.

Et alors, l’apprenti qui voit le maître peut demander : « Mais Maître, pourquoi pleure-tu ? Toi qui es si sage ? », version Tao lol ici.

Dans cette question de l’apprenti, tout son travail est dit. Le maître n’a pas à répondre. Le maître est revenu dans la Caverne où est son apprenti, on ne peut alors le discerner … de l’extérieur d’un apprenti.

Le maître est celui qui vit entièrement et pleinement sa vie d’humain.

C’est tout ?

Si on a conscience de Tout ce que cela implique … oui. Mais alors on voit bien Tout ce que cela implique de … charge, devoir, responsabilité et travail incessant !!!

Donc le Maître est celui qui est, qui vit, qui est Humain, dans toute la portée du Verbe Créateur.

Simple la maçonnerie en fait … non ?

Ben … non en fait. Super dur en fait !

La maçonnerie est un chemin, parmi d’autres puisque Tous les chemins mènent à Rome. Mais il est un des plus efficients pour arriver à Rome justement. Jérusalem aussi ou autre et au choix évidemment, puisque aussi Tout est Tout ;-).

Mais ce chemin maçonnique est un des plus durs, des moins faciles, des plus exigeants.

Mais (bis rapide), y’en a des encore plus rudes et moins faciles lol ;-).

Donc si le chemin maçonnique est fait assidûment, ce que nous aide le rituel pour cela (au passage pour enfoncer la cohérence du truc lol), alors … purée qu’est-ce qu’on va en baver !

On va chanter en travaillant comme les 7 nains évidemment, mais purée qu’on va bien dormir aussi !!!

On va rire, on va pleurer, on va … être sur le chemin d’Être.

Les mots sont simples en maçonnerie, mais tout la rectitude est de faire de ces mots des faits.

Nos Valeurs sont des Actes.

Là réside toute la dureté du chemin maçonnique.

Alors simple la maçonnerie ?

Évidemment !!!

Mais purée j’ai besoin de mes 12h de repos finalement pour tenir la route !

D’ailleurs … dimanche … je dors (sic lol) !!!


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