Le Maçon y croit

Et déjà c’est pas mal. Il croit au delà de ce qui ne le nourrit pas, il croit malgré sa frustration silencieuse. Il croit qu’il y a quelque chose qui fait sa présence en la maçonnerie.

Alors il se raccroche à des planches, à des tenues, à des lectures, parfois à des covents ou à des commissions. Il se raccroche à sa flamme intérieure, quand il ne s’accroche au rituel.

Le rituel, ce fameux outil superbe, tant délaissé ou tant mis en tenant et aboutissant. Quand ce n’est le rite lui-même.

Tout en maçonnerie est fait d’ouverture, d’accès au delà de ce qui fait. Mais rien n’est obligation, car tout est laissé à notre choix. Seul et unique qui décide du pas suivant.

Tout est déposé au devant de chaque maçon pour en faire choix, cela a pris du temps d’aller piocher un peu partout, tout n’est pas d’une extrême cohérence, mais ce n’est pas le but.

Il n’y a pas de but écrit, il n’y a aucune guidance obligée, même plutôt un dépôt de clefs, voire de portes et même plus parfois.

Le cherchant a tout devant lui.

Il ne lui reste qu’à trouver. Trouver comment assembler cet épars pour en faire cohérence, pour en retrouver Parole.

.:.

Et quand il commence à trouver, que fait-il ? Il doute de lui.

Il se dit que ce qu’il a trouvé, il n’a pas l’air de le retrouver en ses FF et SS, pas tous évidemment, mais en globalité. Il reste humain qui fait du questionnement. Il reste humble devant ses trouvailles.

Comment ce qu’il a trouvé peut ne pas être ce qu’il vit avec les autres ? Il doute d’eux.

Mais il ne peux douter d’eux, ils sont maçons. Depuis tant de temps pour la plupart. Alors comment peut-il se croire trouvant, même partiel, si ce partiel n’est pas vécu ni même transmis par ses FF et SS.

Le doute.

Alors il croit.

Il transforme sa trouvaille en croyance. Il transforme son travail intense et intime en croyance. Il ne peut se résoudre à tant d’expériences pratiques qui sont contradictoires à ses résultats de travaux.

Il régresse du travail d’une main assurée à une croyance. À un espoir, une espérance, un idéal.

Il espère.

.:.

Le travail maçonnique n’amène pas à la prétention, car il fait obligatoirement passer par la disparition de l’égo. Il nécessite l’humilité mise en pierre fondatrice de toute la quête. Indéboulonnable.

Le travail maçonnique amène par contre à la Connaissance, cette notion du savoir qui sait sans savoir. Cet état du sage qui sait tant, qui sait tout prendre en compte et voir au delà du schéma simpliste qui s’impose au profane. Qu’il a été. Il sait la différence de vision par ses propres vécus passés et présents.

Alors comment ce sachant qui éclot peut vivre en humilité ce début d’accès à la Connaissance, quand la prétention de fausse connaissance est claironnée par certains.

Comment peut-il tenir une position tenable entre ces deux fronts ? La guerre en lui est sur le point d’éclater.

Les sages qui ne veulent la guerre, feront le compromis de la zone neutre, tampon entre les deux fronts. Tempérant alors les deux et vivant lui en ce centre déplacé de lui-même.

Les guerriers qui veulent la vérité, feront campagne. Ils iront au front de l’adversaire, ils perdront des batailles, voire la guerre le plus souvent. Ils iront à la mort de leur travail déjà réalisé.

Et puis d’autres, ne pourront tenir, pas assez forts. La beauté n’est pas encore assez accessible pour donner ce qu’elle est. Ils feront alors croyance ou pire, changeront de camp. Il renieront leur travail doucement, afin de rester sans faire de vague. Ils se contenteront de ce cadre qui est bien réconfortant quand même. Je suis maçon, et ça ça me suffit, je serai cherchant éternel.

Une guerre, ce n’est jamais beau.

.:.

Mais cette guerre, c’est un choix. C’est soi qui décide d’en faire une, qui décide de sa position finale.

La guerre s’impose à soi, mais soi n’est pas belligérant. Il est enrôlé de force dans une contrée qui n’est pas la sienne. Un combat qui n’est même pas juste.

Alors, si ce combat imposé n’est pas juste. Il n’y a pas de guerre à mener. Et ne pas confondre : combat juste et combat pour une cause juste.

Dans cette dernière assertion, le cherchant éternel et le sachant qui commence à savoir, font une différence et pas l’autre forcément.

La dualité se crée simplement alors.

Et tout est alors dit et compris.

Limpide et claire sont ce qui est.

.:.

Le chemin vers et en la Connaissance demande une sensibilité émotionnelle et intellectuelle, qui devient petit à petit une mise à nue du soi face au monde.

La fraternité est obligatoire pour cette raison : pouvoir progresser en entière confiance vers cette mise à nue du soi. Cette accès à tout sans filtres du schéma mental ou du sentiment exacerbé.

Mais si cette fraternité n’est pas, comment alors avancer ?

Nous en revenons encore à la croyance réconfortante. Cette douce chaleur qui évite la souffrance.

Quel chemin reste-t-il au maçon travailleur en cette maçonnerie ? Seul il l’est, mais seul il ne le devrait pas être. Sinon la maçonnerie n’a pas de sens.

Alors où est ce sens ?

Est-il tout autant perdu que la Parole ?

Avons-nous tué deux fois Hiram ?

Sommes-nous ce mauvais compagnon ?


Texte Précédent :

Texte Suivant :
  1. J aime beaucoup vous lire …la qualité est là, indéniable, avec une écriture fine et tranchante. Je ne pige pas tout : jeune maître ( pas yoda) je suis et encore bleu comme un schtroumpf …continuez

Laissez votre commentaire !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *