Vivre ou ne pas Vivre

Ce n’est pas une question, c’est au pire une fatalité et au mieux un choix obligé.

La fatalité comme le choix obligé, rien ne nous y prépare plus dans les sociétés dans lesquelles majoritairement nous vivons toutes et tous.

La mort est mise de côté, comme un fait commun ou comme une procédure administrative en conséquence.

Comment la maçonnerie aborde-t-elle ce … sujet ?

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Si on reste très … factuel … en bleu la mort d’Hiram est travaillée comme une symbolique qui ouvre au mythe. Mais il n’est encore question de la mort réelle, de ce qui est la fin d’une vie concrète.

Le passage des trois grades n’a pour travail que de passer le flot des émotions pour accéder à sa conscience et enfin de maîtriser le tout en soi : ses pensées et ses émotions.

En haut grades, même si certains rites abordent ce … sujet … il l’est de façon transcendantale, par exégèse de la Mort avec majuscule.

Le travail en haut grades n’a pour finalité que de préciser l’accès possible à la connaissance de l’Humain et du Monde. Approcher sa compréhension en étant conscient que la maîtrise n’est plus quand on dépasse Soi.

Il y a pour ceux et celles qui en font, ces sujets dits sociétaux. Et là c’est surtout la thématique récurrente des décennies passées non encore … résolue … qu’est la dite : fin de vie.

La planche sociétale n’a pour direction que de travailler un axe en l’éclairant du plus d’angles. Il est travail de recherche consciente sur cette direction.

Il existe dans le rituel quasiment commun à tous les rites, la tenue funèbres. Ce moment de cérémonie ouverte aux proches où les FF et les SS témoignent ou parfois ouvrent leurs cœurs.

La tenue funèbre n’a pour essence que la reconnaissance symbolique du défunt qui nous a quitté. La chaîne d’union s’est brisée en lui et en nous, et nous gémissons humainement.

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Alors … si on jette un œil factuel sur … cela … le factuel ne peut que passer perception.

Il manque cruellement quelque chose.

Cruellement la mort n’est pas travaillée.

Comme un tabou qui se cache derrière le voile du tablier retourné.

Travailler la mort est essentiel à la Vie, et donc à la maîtrise de Soi et à la compréhension du Monde.

Mais travailler la mort n’est évidemment ni une exégèse psycho-sociale ou religieuse et encore moins sociétale. Nous ne serions plus dans la maçonnerie de ce fait. Et même si ces trois ne sont plus très à la hauteur de l’humanité que nous sommes, le travail maçonnique n’est pas la réforme de ces trois.

Le travail maçonnique est intérieur dans un cadre partagé. La finalité de ce travail appartient librement à chacun et à chacune.

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Alors en ce temps où nous avons dû compter la mort, où nous avons perçu la mort, où pour certains nous l’avons côtoyé voire connu pour un proche. Cette mort n’est pas ce temps.

Ce temps nous a fait voir la mort, celle que nous ne voulons pas voir dans nos vies ; mais voir aussi tant de choses que nous ne voulions pas ou plus voir.

Et … nous en sommes toujours au même point, après des milliers d’années d’évolution, nous nous retrouvons à avoir majoritairement oublié la mort. Nous n’en sommes plus à ce sein qu’on ne veut voir, mais à un détour de tête et de corps répulsif de dégoût et de crainte mêlée.

Alors le chemin maçonnique qui veut prendre la conscience pour éclairer l’ensemble de la vie, de sa propre vie et de celle du monde … ne fait pas beaucoup mieux. Malheureusement.

Comment parler de vécu initiatique et de fin de vie si … aucun vécu n’est à l’appui concrètement et dans ses entrailles, de la parole sur cette fin de vie ?

Tout au plus nous serons analyste froid de cette fin de vie en proposant telle ou telle « mesure ».

Mais … les entrailles ce sont ce qui porte la vie, ce qui donne naissance, ce sont elles qui parlent de la vie et de la mort !

Pourquoi les délaisser ?

Elles ne sont ni tentation, ni mauvaise maîtrise, mais expression du Cœur, cette fameuse voie tant prisée par tant.

Les entrailles c’est le cœur. Et comme ce dernier, il a sa juste place, mais ne peut être Tout. Mais ne peut être considéré comme Rien.

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Le décès d’un très proche est source en nous d’un travail … gigantesque. Et la maçonnerie ne peut se contenter d’être une voie de guérison personnelle ou autre.

Le travail est toujours personnel, qu’elle que soit le sujet.

Mais ce travail dans ce cas s’allie, se mêle et se croise avec nos entrailles, ces porteuses de vie … et là le gigantesque devient parfois inaccessible ou insurmontable.

Alors … si le travail permet tant de choses, il est toujours concomitant à l’humilité.

L’humilité de savoir que nous ne pourrons pas tout faire, pas tout résoudre, pas tout savoir.

L’humilité n’est pas une résignation, mais une sage décision de stopper un travail qui n’aboutira pas. Pour l’instant.

Le temps est long.

Le temps a été long.

L’humain a perdu la Parole, il serait temps de chercher à la retrouver en nous. Car elle n’est qu’enfouie, pas perdue.

Elle est à la fois le but de la quête et sa source, son début pour la trouver ! INRI porte en partie ce secret, car il en porte d’autres.

C’est en Soi qu’est la Parole.

La Parole n’est pas Perdue.

Ayons Foi en Chacun de Nous : Toutes et Tous !


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