Maçonnerie Covidienne

Temples fermés, travaux en suspend, rituels absents, la maçonnerie dans son vécu commun n’est plus.

Le temps est autre.

Mais est-ce pour autant, que la maçonnerie s’arrête ? Les chantiers sont-ils physiques ? Sommes-nous justes installés dans un temple pour devoir travailler ?

Ne sommes-nous pas aussi humains qui sait penser, qui sait voir, qui a même pour devoir ancien que d’amener les lumières apprises dans le monde profane ?

Ce qui a été appris ne peut être appliqué en ce temps, sans qu’il y ait nécessité de travail rituélique pour le ressourcer en continu et en régularité ?

Sommes-nous incapables de vivre la maçonnerie hors du temple ?

La question vient de loin.

Et de bien avant ces mois-ci.

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Aujourd’hui elle questionne sans oser le dire.

Travailler c’est le Temple, c’est le Rituel, c’est la Fraternité, c’est la communion physique des êtres sur le même chantier.

Mais travailler, c’est soi.

Le travail ne s’arrête pas aux portes du Temple. Sortir sur le parvis, ne nous fait nullement changer de monde, mais le voir avec plus de Lumière.

Cette Lumière ne s’arrête pas en été, ni dans ces circonstances de ce temps de pandémie.

Il est régulier de midi à minuit.

Régulier.

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Et cette régularité ne tient qu’a chacun : qu’il soit apprenti, compagnon, maître ou autre en charge ou en recherche.

Elle dépend de la décision de soi que de porter cette Lumière dans le monde.

Et quand le monde s’ombre, c’est là que la Lumière est nécessaire.

La mission n’est pas de révolutionner le monde, mais de l’améliorer.

Quand tout va, la Lumière est ambiante, elle éclaire par chacun assez réuni.

Mais quand tout va moins, la Lumière n’est plus ambiante. Le lien assez existant naturellement et par le travail de la société accumulé au fil des temps, se distant.

Le lien se délie.

L’humain s’éloigne l’un de l’autre.

Subrepticement, insidieusement, lentement ou par à coups, mais il se détend.

La Lumière n’est plus diffuse ni même ambiante, mais s’étiole, se raréfie, se laisse prendre place en nous par ce voile d’ombre qui lentement aussi se densifie.

Ce voile si durement et chèrement travaillé au fil des grades et degrés pour qu’il disparaisse de notre vue.

Il revient.

Sans l’avoir vu.

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L’adversité, le maçon l’a connu dans des lieux et des temps, mais il ne l’a connu que de l’autre humain qui en faisant son adversaire.

Le maçon a lutté comme il pouvait à chaque fois pour vivre sa vision du monde libre et choisie, vision humaniste contre certains qui la niait.

Il a fait ce qui lui semblait se devoir d’être fait alors, n’étant alors parfois que seul sans aucun lien maçonnique. Parfois ensemble, parfois cachés.

Cela continue d’exister encore en des temps et des lieux.

Aucune situation n’étant comparable, chacune difficile et ne pouvant en dignité être mise à côté d’une autre.

La vie telle qu’enseignée en nos seins.

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Mais ici et maintenant, l’adversité n’est pas humaine.

Elle est invisible, elle est autre.

Elle est nouvelle pour les maçons, mais en premier lieu pour l’humanité entière.

Chacun face à la même situation humaine.

Et le maçon face à ces conséquences comme tout humain face au siennes, toutes différentes et personnelles, ayant source et cause commune.

Cause commune.

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Litanie du simplisme de prendre le pli du réveil de conscience en cette période est une illusion qui ne fait que mettre chacun seul face à une situation commune.

Il ne suffit pas de dire, de croire, de faire même ici ou là pour amener à du meilleur.

Il est nécessaire avant tout de voir ensemble ce fait nouveau qui nous touche tous et toutes.

Travailler à comprendre ensemble.

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Mais travail n’est pas opinion, ni avis.

Il est observation, réflexion, déduction de faits travaillés ensemble pour ne rien oublier.

Il est écart de nos penchants travaillés au stade de la pierre brute, il est utilisation de nos outils et de notre bras agissant par notre conscience commune.

Il est au delà du Bien et du Mal, grâce à la Lumière et au Juste.

Il est en Tout son être travaillé.

Et c’est là que la transmission est des plus nécessaire alors. Le travaillant sachant se doit de transmettre hors le temple à ses FF et à ses SS encore cherchant, il se doit d’apporter par l’exemple et le vécu, par la compréhension éclairée et subtile de tel ou tel acte, ce qui sera un jour d’après enseigné.

Les secrets sont à dévoiler en conscience et en connaissance, la transmission dépasse le cadre du rituel.

Elle ne dévoile pas sans raison par déraison, mais elle vit cette situation qui doit relier l’humain sinon la pandémie va le délier trop … dangereusement.

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Maçon complotiste, maçon anti-gouvernemental, maçon anti-sytème ou maçon anti-ceci ou anti-cela n’est plus maçon.

Il cède à la facilité qui n’est pas travail.

Il rallie le camp des oppositions humaines qui amènent l’ombre puis le mal, en liguant l’humain contre l’humain.

Il croit au lieu de penser.

Il pervertit la maçonnerie en se reniant lui-même.

Il n’est plus digne de son chemin, ni encore moins de ses grades, degrés et surtout charges.

Il confond la liberté avec son absence de cadre, il renie le rituel pour s’engouffrer dans le choix de son absence, dont il pense pouvoir s’affranchir.

Il se dit libre, alors qu’il renie.

Il me fait honte.

Qu’il aille rejoindre ici une mouvance ésotérique facile et dépourvue de connaissance, là un mouvement politique populiste de l’extrême d’un côté ou de l’autre, voire des groupuscules complotistes revendiquant la vérité dogmatique sur tel ou tel sujet.

Mais qu’il parte et quitte la maçonnerie.

La maçonnerie n’est pas cela.

En aucun cas.
En aucune situation.

Et si cela fait exploser la maçonnerie, un atelier, un chapitre ou une obédience si ce n’est la maçonnerie, et bien c’est que nous ne sommes du tout digne d’elle !

J’ai dit et je continuerai à dire.

Et surtout à travailler et à faire.


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