La Question de Reconnaissance

La Franc-Maçonnerie de par son histoire et le monde est à la fois unique dans son appellation : Franc-Maçonnerie, mais excessivement diverse dans son réel concret. En faisant rapide mais sensé : il y a la Franc-Maçonnerie qui est le lien non définissable outre ce mot reliant tous les maçons et maçonnes, et la maçonnerie qui est la forme que chacun applique à cette Franc-Maçonnerie.

Ainsi que de la question de la régularité, historique et encore présente, des accords inter-obédiences de visites et autres, ou de reconnaissance entre obédiences ou loges, la question de reconnaître maçon est bien sous-jacente de façon fondamentale.

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Dans un système quel qu’il soit, la reconnaissance d’un attribut extra humain, soit qui n’est pas lié à la personne mais à autre qu’elle seule, est du ressort d’un cadre définissant, voire en conséquence d’une autorité.

Il est ainsi du maçon au sens artisan du terme de ce jour, pour prendre un exemple concret à façon de résonance. Il est maçon car il a réalisé un cursus professionnel lui octroyant ici un BTS en France ou une formation professionnelle là. Ou alors il a travaillé seul pour l’être.

Dans les deux cas, la définition commune du dictionnaire ou d’une classification des métiers ici en France ou partout ailleurs en donne la même définition exacte et concrète même avec des mots différents.

Dans le premier cas s’y ajoute une autorité administrative et légale délivrant certificat.

Il en va de même pour tout métier.

Outre le mot de métier reliant aux racines des anciens devoirs, cela est valable pour tout système instituant un attribut externe à un humain.

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La maçonnerie a donc fait le choix initial de faire définition, puis définitions. Instituant la guerre de la régularité encore irrésolue. Définition à laquelle s’ajoute la notion élargie d’obédience ou de détention de l’acte de conformité. Entende tous les liens en conséquent, qui osera et voudra.

Mais outre cette théorie, cela n’empêche nullement à l’autre opposé pratique l’acceptation d’un maçon voyageur kenyan frappant à la porte d’un frère belge. Et inversement et autres que toutes et tous vivons à l’échelle étrangère ou locale. Fi de la patente ou de même l’exclusion de la femme en ces cas par certains : frères et sœurs, dans le concret du vécu maçonnique ayant socle commun. Ce mot : Franc-Maçonnerie.

Alors le grand écart est immense entre reconnaissance systémique et reconnaissance vécue. Cela permettant alors tous les variants possibles de l’accord formel inter obédience à la loge dite sauvage en passant par le frère qui visite des sœurs mais pas inversement.

Que cela est bien compliqué …

Soyons honnêtes.

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Alors certains rites, si ce n’est une essence lointaine et commune dit : je suis maçon car reconnu comme tel par mes FF et SS. Ou juste FF ou juste SS.

C’est alors le principe systémique de la reconnaissance d’attribut par similarité reconnue comme identité.

S’en suit naturellement la notion de maçon sans tablier, qui n’est que l’extension de ce principe systémique.

Suive qui peut, mais nous y sommes.

Sauve qui peut aussi d’ailleurs (lol).

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Donc reconnaissance institutionnelle définie et autorisée, reconnaissance informelle et vécue réellement, reconnaissance par similitude donnant identité commune.

Voici comment le maçon se reconnaît comme maçon. L’une des trois, les trois à la fois, ou deux des trois. Pas d’autres possibles. Hors cela nous avons le profane. Au moins ça c’est clair !

Alors comment … s’y reconnaître si ce n’est s’y retrouver ?

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Le poète Nicolas Boileau disait : « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. »

Prenant exemple sur le poète, la question de concevoir bien la maçonnerie s’énonce pour le coup à nous …

Nous ne savons la dire clairement, les mots arrivent épars et jamais aisément.

Alors est-ce du à elle la Franc-Maçonnerie qui tellement profonde et reliée fondamentalement à la Parole dite Perdue non verbalisable, ne peut se dire car non concevable humainement tellement elle est plus grande que nous ?

Oui évidemment qu’elle l’est.

Mais, se contenter de cela est renier la critique du poète d’un revers de main : oui nous ne pouvons, car.

Dire notre impossible à tout englober l’indicible, n’est que compréhension de notre humilité humaine.

Justifier cela, n’est que fuite de l’égo se préservant de la réalité face à lui qui le dérange.

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Pourquoi ne pas accepter de nous nommer par l’universel admis par tous ? Maçons et profanes !

La jauge est alors personnelle et intime face à l’autre maçon ou profane. La réelle confiance en l’humain est bien là : être seul face à soi qui se défini avec les autres faisant même.

Quelle beauté cela serait !

Quelle sagesse !

Quelle force !

Alors qu’attendons-nous ?

Sûrement que parce-que nous n’y sommes pas prêts peut-être.

La Maîtrise n’est que confrontée au réel du chantier, nullement de l’accréditation d’un diplôme.

La Savoir du Faire ne peut n’être que théorie, il est concret de la sortie du Temple.

Alors sommes-nous prêts ?

Sommes-nous réellement Maîtres ?

Le présent nous le dit.

Sans miroir.

Crûment.


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